Etienne Moutot

Photo du jour: La mouche

La mouche

Cette photo est très ancienne, c'est sûrement la première photo réellement "macro" que j'ai pu faire.
Et en fait.. Elle est à l'envers ! Le mouche était posée à l'envers sous un abat-jour d'un plafonnier.

À l'époque je n'avais pas encore d'objectif dédié à la macro, je bricolais ce que je pouvais avec les objectifs que j'avais. Cette photo a été faite deux objectifs: un 55-200mm monté sur le boîtier et un 28mm placé devant le premier et.. Retourné. On retrouve ça sous le nom de twin lens, ce qui permet à moindre frais d’obtenir de très grand facteurs de grossissements. La difficulté est que l'on ne dispose que d'une manière de faire la mise au point: avancer et reculer pour mettre le sujet dans la zone de netteté. Et avec un tel facteur de grossissement, autant dire que la zone de netteté n'est pas grande !
Difficulté supplémentaire, je n'avais pas de bague de retournement, du coup je devait en plus tenir le 28mm bien aligné avec le 55-200.

Pour obtenir cette photo j'ai passé une heure à courir après les mouches dans toute la maison. Le fait même qu'une photo soit nette était un miracle, donc il a fallu en faire beaucoup pour en avoir ne serait-ce qu'une de réussie !

Photo du jour: Sombre horizon

Sombre horizon

Cette photo, en plus de frapper visuellement a une résonance particulière pour moi.

Visuellement, les lignes et la perspective attirent le regard sur les deux silhouettes, et l'effet est renforcé par la pente du sol, qui crée une plus grande inclinaison des lignes inférieures. À droite, les arbres épousent la forme de la barrière et ne viennent pas perturber cet alignement.
Cette pente donne aussi une fin nette au chemin, derrière les silhouettes, cachant l'endroit où se dirige les deux personnes.

Mais ce qui rend cette photo spéciale n'est pas directement visible dessus: c'est le lieu où elle a été prise. J'ai fait cette photo au camp de concentration de Dachau (Allemagne), plus précisément dans la pente du mémorial Juif.
Sans avoir de liens familiaux spécifiques avec ces évènement tragiques, on ne peut qu’être touché en visitant un camp de concentration. On réfléchit. Difficile d'être joyeux en étant plongé dans ces atrocités de l'intérieur. Ce mémorial en particulier était saisissant: impressionnant, sombre. Y entrer ressemble à une descente aux enfers. En sortir est un soulagement.

Au moment où j'ai pris cette photo, j'ai surtout vu la géométrie particulière que proposaient les lignes des barrières. Mais après coup, je me rend compte qu'elle reflète bien mon état d'esprit à ce moment là.